Se souvenir
Une scène passée revient en tête. Est-ce exactement ce qui s’est passé, ou seulement ce qu’on en a gardé ?
Nous pensons sans arrêt : pour apprendre, prévoir, imaginer, nous souvenir. Nous ne regardons presque jamais comment cela fonctionne. Or c’est notre pensée qui façonne notre manière de vivre avec les autres.
Une scène passée revient en tête. Est-ce exactement ce qui s’est passé, ou seulement ce qu’on en a gardé ?
On entend parler d’un groupe de personnes et on s’en fait une image. Vient-elle de ce qu’on a vu, ou de ce qu’on a entendu dire ?
On est sûr de quelque chose. L’a-t-on vérifié, ou est-ce qu’on le croit simplement ?
Avant de parler à quelqu’un, on prépare déjà sa réponse. Écoute-t-on encore vraiment ce qu’il dit ?
On répond avant d’avoir fini d’écouter. On prête une intention à une remarque. On croit connaître quelqu’un.
Ce sont des mouvements de la pensée. Tant qu’on ne les voit pas, ils décident à notre place. Les voir, c’est reprendre la main : qu’est-ce que je sais vraiment ? Qu’est-ce que j’ajoute ?
Notre langue, notre culture et nos groupes façonnent aussi notre regard. Comment se forment nos opinions ? Pourquoi certaines différences deviennent-elles des divisions ? Ces questions sont au cœur du vivre-ensemble et de la cohésion sociale.